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Chaises vides

Paris-chaises-vides

Chaises vides

Chaises vides du jardin du Luxembourg
Oubliées sous la pluie.
Vous attendez les beaux jours,
Le retour des flâneurs,
Les cris des enfants
Qui courent, pressés et rieurs.

Chaises vides, arrangées par ces éternelles palabres,
Témoins de ces conversations infinies,
Sur l’économie, Sarkozy, Obama,
Des révolutions, des guerres qui n’en finissent pas.
Paroles qui ont disparu dans les arbres
Depuis lavés par la pluie.

Un oiseau se pose silencieusement
Sur le dos d’une chaise qui pleure.
Lui aussi, déçu, gourmand :
La vieille dame n’est pas venue.
Où sont les miettes qu’il aime tant ?
Où sont ceux dont il apprécie la vue ?

Ah ! un parapluie se rapproche.
Là-bas derrière les feuilles.
Ne s’assoira-t-il donc pas ?
Non, il ne s’attarde pas.
Le siège mouillé qui l’accroche,
Ne vaut même pas un coup d’œil.

Les pas se pressent sur le gravier
Chaque passant désire fuir la pluie,
Ne pense qu’à l’abri au bout du sentier.
Et le bel oiseau au regard timide
Surveille l’écureuil réduit, par l’intempérie,
A grignoter sous une chaise vide.

Sacramento, le 9 août 2011
Simone Monnier Clay